Cela s’est aussi passé un 30 juin

Le 30 juin 1911. Arria Ly, dite Joséphine Goudon, publie dans La Rénovation morale un article intitulé « Vive Mademoiselle », dans lequel elle appelle à l’abstinence sexuelle pour libérer les femmes de la domination masculine. Le Rappel de Toulouse commente cette proposition en l’accusant de lesbianisme.

La réaction de Ly ne se fait pas attendre : elle envoie à Massat, rédacteur en chef du journal, deux témoins, deux femmes, pour une rencontre en duel. Massat n’est pas rassuré. Il sait que Ly s’est battue en duel en 1904 à Grenoble contre un médecin qu’elle accusait d’avoir provoqué la mort de son père par des traitements inappropriés. Le docteur Girard s’en est tiré avec une oreille déchiquetée d’un coup de pistolet.

Massat prétexte de sa qualité de « galant homme » et se défile; Ly l’accuse aussitôt de couardise » puis elle le gifle en public. Massat finit par s’excuser. Arria Ly gagne dans cette affaire le surnom de « la vierge au pistolet ».

Cela s’est passé un 9 avril

A l’automne 1831, les ouvriers canuts lyonnais protestent contre une baisse de leurs imposée par des négociants-banquiers, qui leur fournissent la matière première (la soie), et récupèrent le tissu fini. Je vous invite à consulter cet article sur la première révolte des canuts lyonnais (21 novembre 1831) pour plus d’information à ce sujet.

Alors que le gouvernement, qui avait repris la ville sans combat avec une armée de 20000 hommes, pensait le calme définitivement revenu, une nouvelle insurrection s’empare de Lyon, le 9 avril 1834. Les canuts lyonnais se soulèvent après que des meneurs aient été traduits en justice pour avoir dénoncé des baisses de salaires et fait grève.

Le ministre de l’Intérieur, Adolphe Thiers, laisse sournoisement les manifestants ériger des barricades, avant de faire donner la troupe. Méthodiquement, elle reconquit ainsi la ville. Contrairement à la première révolte des canuts de 1831, cette fois, les combats avec l’armée sont violents. On compte environ 600 morts et 10000 insurgés sont arrêtés et faits prisonniers, jugés et condamnés à la déportation ou à la prison.

La contestation n’est étouffée qu’en apparence, car le mouvement fait naître les grands mouvements sociaux du XIXème siècle industriel. La répression de cette seconde révolte des canuts de Lyon, du 9 au 15 avril 1834, est un prélude à la « Semaine sanglante » des 21 au 28 mai 1871, par laquelle le même Thiers mettra un terme à la Commune de Paris.