Cela s’est passé un 5 juin

Le 5 juin 1832. Suite aux obsèques du général Lamarque, Paris sombre dans l’insurrection.

Le roi de fRance Louis-Philippe 1er et sa famille restent à Paris pendant l’épidémie de choléra qui frappe alors la capitale. Le 1er avril 1832, Casimir-Périer, président du Conseil et Ministre de l’Intérieur, se rend à l’Hôtel-Dieu pour visiter les mourant.e.s. Trois jours plus tard, il tombe malade. Il meurt le 16 mai et reçoit des funérailles nationales.

L’opposition républicaine veut les mêmes honneurs pour un député de l’opposition libérale, le général d’Empire Lamarque, âgé de 62 ans, mort le 1er juin du choléra. Suite au refus du gouvernement, un cortège populaire est organisé le 5 juin. Les Républicains, qui ne se consolent pas d’avoir été volés de leur « Révolution des Trois Glorieuses » appellent leurs partisans à manifester à l’occasion des funérailles qui rassemble une foule immense. Des coups de feu sont tirés contre un détachement de dragons (des soldats de l’Infanterie montée hein, pas les créatures mythiques 😉 ), tuant six soldats.

Insurrection 5 juin 1832
Beval, L’insurrection de juin 1832, gravure sur bois (1870)

Menée par la Société républicaine des amis du peuple, persuadée que le gouvernement et la monarchie constitutionnelle tomberont comme en 1830, l’insurrection se déchaîne jusqu’au lendemain. Témoin des événements, Victor Hugo raconte, dans Les Misérables (1862), la mort de Gavroche sur les barricades :

Je suis tombé par terre,

C’est la faute à Voltaire,

Le nez dans le ruisseau,

C’est la faute à Rousseau.

Car Louis-Philippe est bien décidé à réagir. Il passe les troupes en revue et ordonne l’offensive finale dans les rues tortueuses de la capitale. L’armée et la garde nationale arrivent à contenir les insurgé.e.s entre les boulevards, la Seine et la Bastille. Le 6 juin, le dernier carré de résistant.e.s est écrasé dans la rue du Cloître-Saint-Merri, au coeur de la capitale. On compte 32 morts dans les rangs de l’armée, et une centaine parmi les insurgé.e.s. Les tribunaux promulguent de nombreuses condamnations dont 7 condamnations à mort, commuées en déportation par le roi. La monarchie de Juillet l’a emporté sur le terrain… mais la mort de Gavroche, dans l’imaginaire collectif, ne sera jamais oubliée.

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