Cela s’est passé un 6 juin

Le 6 juin 1944. Que faisait Hitler pendant le débarquement allié sur les côtes de Normandie ?

Le 1er juin 1944, la BBC diffuse son premier message annonçant le débarquement en Normandie : « L’heure du combat viendra ». Le 4 juin à 23 h, le message « Les sanglots longs des violons de l’automne » donne aux résistants le signal du déclenchement des actions de sabotage des voies ferrées. Le 5 juin à 20 h, la seconde strophe de Verlaine, « Blessant mon cœur d’une langueur monotone » annonce que le feu vert est donné pour l’opération Overlord.

Enregistrement sonore

Le 6 juin à partir de minuit, 1 135 bombardiers pilonnent les positions côtières. A 1h30, des parachutistes sont largués. A 5h50, près de 6000 navires de l’armada alliée abordent les côtes normandes, entre Cabourg à lest et le Cotentin à l’ouest.

C’est le D-Day ! Mais Hitler est persuadé que le débarquement aura lieu entre Boulogne et l’estuaire de la Somme. Tout débarquement en Normandie ne peut être qu’une diversion. Le météorologiste ayant annoncé que le temps de permettrait en aucun cas un débarquement, Rommel est rentré en Allemagne pour l’anniversaire de sa femme.

Le message annonçant le débarquement est déchiffré le 5 juin par le quartier général de Von Rundstedt, commandant en chef sur le front ouest. L’information est transmise, mais personne n’en tient compte. Le Führer se repose dans sa résidence de Berghof, dans les Alpes. Il s’est couché le 6 juin à 3 h du matin et dort encore à 10 h. Personne n’ose le réveiller.

Cela s’est passé un 5 juin

Le 5 juin 1832. Suite aux obsèques du général Lamarque, Paris sombre dans l’insurrection.

Le roi de fRance Louis-Philippe 1er et sa famille restent à Paris pendant l’épidémie de choléra qui frappe alors la capitale. Le 1er avril 1832, Casimir-Périer, président du Conseil et Ministre de l’Intérieur, se rend à l’Hôtel-Dieu pour visiter les mourant.e.s. Trois jours plus tard, il tombe malade. Il meurt le 16 mai et reçoit des funérailles nationales.

L’opposition républicaine veut les mêmes honneurs pour un député de l’opposition libérale, le général d’Empire Lamarque, âgé de 62 ans, mort le 1er juin du choléra. Suite au refus du gouvernement, un cortège populaire est organisé le 5 juin. Les Républicains, qui ne se consolent pas d’avoir été volés de leur « Révolution des Trois Glorieuses » appellent leurs partisans à manifester à l’occasion des funérailles qui rassemble une foule immense. Des coups de feu sont tirés contre un détachement de dragons (des soldats de l’Infanterie montée hein, pas les créatures mythiques 😉 ), tuant six soldats.

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Beval, L’insurrection de juin 1832, gravure sur bois (1870)

Menée par la Société républicaine des amis du peuple, persuadée que le gouvernement et la monarchie constitutionnelle tomberont comme en 1830, l’insurrection se déchaîne jusqu’au lendemain. Témoin des événements, Victor Hugo raconte, dans Les Misérables (1862), la mort de Gavroche sur les barricades :

Je suis tombé par terre,

C’est la faute à Voltaire,

Le nez dans le ruisseau,

C’est la faute à Rousseau.

Car Louis-Philippe est bien décidé à réagir. Il passe les troupes en revue et ordonne l’offensive finale dans les rues tortueuses de la capitale. L’armée et la garde nationale arrivent à contenir les insurgé.e.s entre les boulevards, la Seine et la Bastille. Le 6 juin, le dernier carré de résistant.e.s est écrasé dans la rue du Cloître-Saint-Merri, au coeur de la capitale. On compte 32 morts dans les rangs de l’armée, et une centaine parmi les insurgé.e.s. Les tribunaux promulguent de nombreuses condamnations dont 7 condamnations à mort, commuées en déportation par le roi. La monarchie de Juillet l’a emporté sur le terrain… mais la mort de Gavroche, dans l’imaginaire collectif, ne sera jamais oubliée.

Cela s’est passé un 10 mai

Le 10 mai 1802. Le métis Louis Delgrès (36 ans) adresse « à l’univers entier le dernier cri de l’innocence et du désespoir ».

1802. La révolution est bien finie. La preuve : l’esclavage, aboli par la Révolution en 1794 et la traite des Noirs, sont établis dès 1802, sur souhait de Napoléon. Ce dernier affirme : « Je suis pour les Blancs parce que je suis blanc. Il n’y a pas d’autre raison et celle-là est la bonne.  » Il y a toutefois une autre raison : l’esclavage est une activité rentable qui relance le commerce triangulaire avec les Amériques.

Confirmant son racisme exacerbé, Napoléon « épure » l’armée de ses officiers noirs, comme le général Dumas, le père d’Alexandre. Le despote anéantit les projets de mise en valeur menés par Toussaint Louverture à Saint-Domingue. Quand on parle devant le premier consul d’exterminer tous les Noirs de Guadeloupe, il ne proteste pas.

Le 10 mai 1802, le métis Louis Delgrès (36 ans) adresse à Basse-Terre en Guadeloupe « à l’univers entier le dernier cri de l’innocence et du désespoir ». Il revendique le devoir d’insurrection et lance un appel à la fraternité, par-dessus les barrières de races.

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Quelques jours plus tard, dans l’habitation Danglemont, à Matouba, dans les hauteurs de Basse-Terre (Guadeloupe), il se fait sauter avec ses hommes pour échapper à la cruauté du corps expéditionnaire du général Antoine Richepance (on écrit aussi Richepanse) et de Magloire Pelage. Richepanse fait massacrer plusieurs milliers de Noirs et mulâtres.

Le général Decean remarque : « Et le sucre ? Qui le produira quand il n’y aura plus de nègres ? » Dans un livre dédié à Joséphine, le général des Lozières met en garde contre le métissage : « Le sang africain ne coule que trop abondamment dans les villes des Parisiennes mêmes ». Témoignages d’un racisme d’État, mis en exergue par le bonapartisme.

Joséphine est une béké, une créole à la « peau blanche », descendante des premiers colons européens. Le terme de béké est généralement associé à la puissance économique et néo-coloniale dont ce groupe est dépositaire. Les békés constituent un peu moins d’1% de la population des colonies fRançaises.

Cela s’est passé un 8 mai

Le 8 mai 1945. Pendant qu’à Paris on fête la capitulation allemande, des massacres sont perpétrés à Sétif et Guelma, dans le département fRançais de Constantine, en Algérie de l’Est, entre le 8 mai et le 26 juin 1945.

Ces massacres auraient fait 1500 mort.e.s, selon le chiffre officiel donné par le préfet en accord avec l’armée ; mais plus vraisemblablement entre 20000 à 30000 au rythme de 400 à 500 par jour.

A la base de ces massacres, une rumeur : les musulman.e.s comploteraient pour obtenir l’indépendance. En fait, seul.e.s quelques intellectuel.le.s s’agitent avec prudence. Du côté des colons, il y a l’imbécilité sur fond de racisme crasse : le représentant local du parti socialiste met en garde contre « ces masses incohérentes d’indigènes pouilleux, l’écume à la bouche, prostituant l’Internationale« . Les Européen.ne.s craignent de leur côté une révolte générale provoquée par la disette aggravée par le marché noir.

Le 8 mai 1945, à Setif, une banderole est brandie dans un cortège de paysans qui se rend au monument aux morts : « Vive l’Algérie libre et indépendante ». Un inspecteur tire et tue le porte-drapeau. Des coups de feu, en soutien, partent du Café de fRance. La foule se disperse, s’en prenant aux Européen.ne.s qu’elle croise sur son chemin.  103 sont assassiné.e.s. Les messages affluent au gouvernement général, décrivant des « villages encerclés par les Arabes, pillés, en flamme ».

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Sans vérifier ces informations, les autorités déclenchent des mesures d’exception, disproportionnées : couvre-feu, bombardements par avion de tout rassemblement, tirs d’auto-mitrailleuses. Surtout, l’ancien préfet Achiary crée une milice de volontaires civils à qui il distribue des armes de guerre. L’hydre est lâchée. Alors que la plupart des Européen.ne.s, sidéré.e.s, se terrent, le secrétaire général de la CGT organisent la milice de Guelma qui arrête et fusille les musulmans qu’elle considère comme suspect, les pillant au passage.

 

Cela s’est passé un 7 mai

Le 7 mai 1954. Les fRançais, défaits, capitulent à Diên Biên Phu (Vietnam);

Le général Navarre, nommé en mai 1953 commandant en chef des forces fRançaises en Indochine, assure qu’il mettre fin à la guerre en 18 mois. Installé dans son bureau climatisé de Saigon, arborant toutes les décorations sur son uniforme immaculé, il choisit d’établir un camp retranché dans le nord, à Diên Biên Phu. D’après lui, ce point d’ancrage des troupes  coupera les communications du Viêt-minh (contraction de Việt Nam Ðộc Lập Ðồng Minh Hội = « Front pour l’indépendance du Viêt Nam ») et lui interdira son commerce lucratif d’opium.

Cette opération nommée « Castor » est lancée le 20 novembre1953. Le commandement du camp est confié au colonel de Castries, un cavalier émérite qui oublie de réfléchir mais pas de se faire remarquer dans les réceptions en brisant des verres dont il mâche mes tessons (Oui oui !). Il affirme que l’idéal dans la vie, « c’est d’avoir un cheval à chevaucher, un ennemi à tuer, une femme dans son lit ». Macher des tessons de verre, c’est mal !

La localisation de Diên Biên Phu a pour seul avantage d’être à 13 km de la frontière laotienne. Mais elle présente le considérable inconvénient d’être dans une cuvette  cernée par des collines escarpées couvertes de jungle. Navarre ne tient pas compte des mises en garde. Il affirme que l’endroit est parfait pour des pistes d’atterrissage et que l’ennemi ne pourra y amener des pièces d’artillerie.

Mais le général Giap, commandant des troupes Viêt-minh, dispose de colonnes de coolies qui convoient les munitions à pied ou sur des bicyclettes chargées d’obus, le long de sentiers à flanc de falaise.

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11000 hommes du corps expéditionnaires fRançais sont parachutés ou débarqués. Des bunkers sont aménagés, auxquels le colonel de Castries, portant son éternel képi rouge de spahi, fait donner, entre deux mastication de tessons de verre, les noms de ses nombreuses maîtresses (Huguette, Claudine, Éliane…).

Pour tenir la position, les fRançais comptent sur le ravitaillement aérien. Le 13 mars 1954 à 17 heures, Giap, conseillé par des experts militaires chinois, et à la tête de 50000 hommes, lance une attaque éclair et pilonne les pistes d’atterrissage vite inutilisables. Cloués au sol par les tirs d’artillerie et les assauts au corps à corps, privés de relève, attendant en vain un soutien américain, les fRançais sont contraints à la reddition le 7 mai 1954, après avoir perdu 2300 hommes. 11700 ont été faits prisonniers. Les trois quarts meurent en captivité, sous les tortures dans des camps de « rééducation ». En juillet 1954, les accords de Genève sont signés et la fRance renonce à l’Indochine.

Cela s’est passé un 2 mai

Le 2 mai 1808. Soulèvement des Madrilènes contre l’occupation française.

Pour fermer au commerce anglais les ports du Portugal, de Barcelone et de Cadix, Napoléon décide, pour satisfaire ses ambitions capitalistes, d’intervenir en Espagne, pourtant pays allié. Il a aussi d’autres raisons : il est entre autres persuadé que le pays regorge d’or. Du haut de sa légendaire condescendance, Napoléon considère les Espagnol.e.s comme des attardé.e.s, pensant les manœuvres militaires à mener en ces termes : « C’est un enfantillage ; croyez-moi, cela finira vite ».

Le despote a aussi des ambitions dynastiques pour sa famille. Profitant du différend entre le roi Charles IV et son fils, Ferdinand, héritier du trône, Napoléon les convoque en avril 1808 à Bayonne. Il obtient de Charles qu’il lui cède ses droits au trône et de Ferdinand qu’il renonce à la couronne. La famille royale espagnole est placée en résidence surveillée. Joseph, frère aîné de l’Empereur, devient roi d’Espagne.

Mais le 2 mai 1808, les Madrilènes se soulèvent. Les troupes françaises d’occupation de Murat interviennent et répriment dans le sang. C’est le sens du Tres de Mayo peint par Goya.

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D’autres villes se révoltent. Le 18 juillet 1808, les 20000 hommes du général Pierre Dupont de l’Estang sont battus à Bailen. C’est la première défaite de l’armée impériale, considérée comme invincible. De quoi donner des idées aux autres pays d’Europe. L’Empereur doit retirer ses troupes d’Allemagne et venir en personne en novembre 1808.

Malgré quelques victoires, le conflit s’enlise face à la guérilla. Les Anglais, menés par Wellington, en profitent et pénètrent dans Madrid en août 1812. Le 11 décembre 1813, Napoléon doit restituer son royaume à Ferdinand. Napoléon le reconnaît à Sainte-Hélène : l’intervention, qui a retenu 300 000 soldats français en Espagne, fut la pire de ses erreurs.

Cela s’est aussi passé un 30 juin

Le 30 juin 1911. Arria Ly, dite Joséphine Goudon, publie dans La Rénovation morale un article intitulé « Vive Mademoiselle », dans lequel elle appelle à l’abstinence sexuelle pour libérer les femmes de la domination masculine. Le Rappel de Toulouse commente cette proposition en l’accusant de lesbianisme.

La réaction de Ly ne se fait pas attendre : elle envoie à Massat, rédacteur en chef du journal, deux témoins, deux femmes, pour une rencontre en duel. Massat n’est pas rassuré. Il sait que Ly s’est battue en duel en 1904 à Grenoble contre un médecin qu’elle accusait d’avoir provoqué la mort de son père par des traitements inappropriés. Le docteur Girard s’en est tiré avec une oreille déchiquetée d’un coup de pistolet.

Massat prétexte de sa qualité de « galant homme » et se défile; Ly l’accuse aussitôt de couardise » puis elle le gifle en public. Massat finit par s’excuser. Arria Ly gagne dans cette affaire le surnom de « la vierge au pistolet ».

Cela s’est passé un 9 avril

A l’automne 1831, les ouvriers canuts lyonnais protestent contre une baisse de leurs imposée par des négociants-banquiers, qui leur fournissent la matière première (la soie), et récupèrent le tissu fini. Je vous invite à consulter cet article sur la première révolte des canuts lyonnais (21 novembre 1831) pour plus d’information à ce sujet.

Alors que le gouvernement, qui avait repris la ville sans combat avec une armée de 20000 hommes, pensait le calme définitivement revenu, une nouvelle insurrection s’empare de Lyon, le 9 avril 1834. Les canuts lyonnais se soulèvent après que des meneurs aient été traduits en justice pour avoir dénoncé des baisses de salaires et fait grève.

Le ministre de l’Intérieur, Adolphe Thiers, laisse sournoisement les manifestants ériger des barricades, avant de faire donner la troupe. Méthodiquement, elle reconquit ainsi la ville. Contrairement à la première révolte des canuts de 1831, cette fois, les combats avec l’armée sont violents. On compte environ 600 morts et 10000 insurgés sont arrêtés et faits prisonniers, jugés et condamnés à la déportation ou à la prison.

La contestation n’est étouffée qu’en apparence, car le mouvement fait naître les grands mouvements sociaux du XIXème siècle industriel. La répression de cette seconde révolte des canuts de Lyon, du 9 au 15 avril 1834, est un prélude à la « Semaine sanglante » des 21 au 28 mai 1871, par laquelle le même Thiers mettra un terme à la Commune de Paris.

Cela s’est passé un 25 mars

Le 25 mars 1871. Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif, abandonne Paris aux Communard.e.s.

Thiers et le gouvernement au complet se trouvent ce jour-là à Paris, au Quai d’Orsay, dont les grilles sont ouvertes et mal gardées par quelques factionnaires. L’émeute menace l’Hôtel de Ville. Les insurgé.e.s n’auraient qu’à franchir la Seine pour s’emparer du chef de l’État et des ministres Jules Favre, Jules Simon et les autres. Iels n’y pensent tout simplement pas, ce qui donne au gouvernement le temps de fuir.

Thiers donne l’ordre d’évacuer la capitale, d’abandonner les ministères, de replier à l’ouest les 30000 à 40000 soldats fidèles, puis il se sauve par un escalier dérobé, s’engouffre dans une calèche et s’enfuit jusqu’à Versailles.

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Paris est aux mains de ce.lle.ux que l’on appelle « les fédéré.e.s », car iels forment des bataillons fédérés au sein d’un Comité central. Ces jusqu’au-boutistes sont opposé.e.s à l’armée régulière ainsi qu’aux maires et aux députés républicains de la capitale. De tendance libertaire, iels élisent leurs responsables à tous les niveaux et rejettent toute hiérarchie.

Alors que l’officiel Brunel et le militant socialiste révolutionnaire Duval (si si je vous jure, à la base les socialistes sont révolutionnaires) tentent de convaincre la garde nationale d’attaquer Versailles au plus vite. Le Comité central choisit de délibérer plusieurs heures sur des points de détail. De discussions en palabres interminables, de motions en débats, on ne décide rien. L’occasion est perdue.

Pourtant, elle aurait eut des chances de réussir puisque les troupes parisiennes de la garde nationale disposent alors de 260 bataillons de 1500 combattants soit 400 000 combattants potentiels conte 40000 à Versailles. Thiers prendra le temps de reconstituer une véritable armée avec l’accord de Bismarck. Les effectifs de la Commune vont fondre petit à petit (on ne compte plus qu’environ 50000 combattants fin avril, 12000 à 15000 décidés à se battre jusqu’au bout de la dernière décade de mai). Ceux de Versailles vont se renforcer, sans discussion..

 

Cela s’est passé un 20 mars

Le 20 mars 1986. Jacques Chirac devient Premier ministre, dans le cadre d’une cohabitation avec le PS de François Mitterrand.

Aux élections législatives de mars 1986, François Mitterrand tente de limiter une éventuelle poussée de la droite républicaine en soutenant le Front National : « le FN, c’est la boule que Mitterrand jette dans le jeu de quilles de la droite ». Le tout en sous-marin, le bougre, décoré de la Francisque rappelons-le, n’en étant pas à sa première compromission avec le fascisme. La manœuvre a un succès mitigé puisqu’elle ne suffit pas à enrayer la victoire de la droite traditionnelle et la cohabitation. Jacques Chirac, chef du RPR, devient Premier ministre.

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Les 35 députés remuant du FN ne peuvent entraver l’action du gouvernement, d’autant que certains propos laissent l’opinion perplexe. Dans une interview au  Grand Jury RTL, du 13 septembre 1987, Jean-Marie Le Pen, leader du Front national, se lâche : « Je suis passionné par l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont jamais existé. Je n’ai pas pu moi-même en voir. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale ». L’interviewer s’étonne : « Six millions de morts, c’est un point de détail ? ». Et Jean-Marie Le Pen de répondre : « Si, c’est un point de détail de la guerre ».

>> Extrait de l’interview <<