The sexual politics of meat

 

Auteur : Carol J. Adams

Titre : The sexual politics of meat

Date : édition 2015

Tags : véganisme, sexisme, misogynie, intersectionnalité, convergence des luttes.

The sexual politcs of meat

Résumé (anglais) :

« The Sexual Politics of Meat is Carol Adams inspiring and controversial exploration of the interplay between contemporary society s ingrained cultural misogyny and its obsession with meat and masculinity.

Résumé (français) :

« Dès sa première parution en 1990, La Politique sexuelle de la viande, qualifiée de « bible de la communauté végane » par le New York Times, s’est imposée comme un ouvrage de référence dans le domaine du droit animal. Dans cette théorie critique féministe végétarienne, la féministe militante Carol J. Adams explore la relation entre les valeurs patriarcales et la consommation de viande à travers leurs représentations dans l’histoire, les médias et la littérature. »

 

Analyse personnelle : The Sexual Politics of meat : si son titre laisse envisager une convergence des luttes (sexisme/spécisme), la « politique sexuelle de la viande » (c’est son titre en français), n’est pas un ouvrage radical. Très pointu dans la sémantique et l’étude des constructions langagières dans notre société patriarcale et oppressive, le versant féministe de l’ouvrage semble plutôt une réussite. En ce qui concerne son versant anti-spéciste, il n’est pas possible  de prétendre la même chose : radicalisme absent, confusionnisme, l’ouvrage n’est pas abolitionniste. A de nombreuses reprises, l’autrice semble s’attrister de l’absence d’égalité face à la viande entre les cisgenres femmes et hommes, silençant de fait les animaux non humains, victimes de l’oppression spéciste. Ajoutons à cela quelques formules problématiques comme « animals and humans suffer and die the same way » ou la comparaison des abattoirs aux camps de concentration… Loin d’être un ouvrage prônant une convergence des luttes radicale, pleine et entière, The Sexual Politics of Meat devrait voir son titre revu. Il aurait été plus pertinent de donner un titre du genre « The Carnist Politics of Sexism » (la politique carniste du sexisme) pour faire correspondre au mieux titre et couverture.

 

Extraits choisis :

In memory of

56 billion each year

153.4 million each day

6.4 million each hour

106 546 each minute


 

Imagine the day when women talk down streets and are not harassed, stalked, or attacked. Imagine the day when we don’t need battered women’s shelters. Imagine the day when the most frequent mass murderers in our culture are NOT those who kill their families.
Better yet, imagine the day when we live in world where women are safe wherever they are, family members are safe within their homes, and we don’t have mass murderers.
Imagine the day when people respond to someone who says « but I need my sausage in the morning », by saying « of that’s so twentieth century. You know, the century when some of the earliest people talking about climate change were animal activists who understood the interconnections between environnemental destruction and animal agriculture ».
Better yet, imagine the day when people no longer feel they need a « sausage » in the morning.
Imagine the day when women and children are not sold into sexual slavery or prostituted or pornographed.
Better yet, imagine the day when equality, rather than dominance, is sexy.


 

The Sexual Politics of Meat meas that what, or more precisely who, we eat is determined by the patriarchal politics of our culture, and that the meanings attached to meat eating include meanings clustered around virility. We live in a racist, patriarchal world in which men still have considerable power over women, both in the public sphere (employment and politics) and in the private sphere (at home, where in this country woman-battering results in the death of four women a day). What the Sexual Politics of Meat argues is that the way gender politics is structured into our world is related to how we view animals, especially animals who are consumed. Patriarchy is a gender system that is implicit in human/animal relationships. Moreover, gender construction includes instruction about appropriate foods. Being a man in our culture is tied to identities that they either claim or disown – what « real » men do and don’t do. « Real » men don’t eat quiche. It’s not only an issue of privilege, it’s an issue of symbolism. Manhood is constructed in our culture, in part, by access to meat eating and control of other bodies.


 

People with power have always eaten meat. The aristocracy of Europe consumed large courses filled with every kind of meat while the laborer consumed the complex carbohydrates. Dietary habits proclaim class distinctions, but they proclaim patriarcal distinctions as well. Women, second-class citizens, are more likely to eat what are considered to be second-class food in a patriarcal culture : vegetables, fruits and grains rather than meat. The sexism in meat eating recapitulates the class distinctions with an added twist : a mythology permeates all classes that meat is a masculine food and meat eating a male activity.


 

Animals are made absent through language that renames dead bodies before consumers participate in eating them. Our culture further mystifies the term « meat » with gastronomic language, so we do not conjure dead, butchered animals, but cuisine. Language thus contributes even further to animals’ absences. While the cultural meanings of meat and meat eating shift historically, one essential part of meat’s meaning is static : One does not eat meat without the death of an animal. Live animals are thus the absent referents in the concept of meat. The absent referent permits us to forget about the animal as an independent entity ; it also enables us to resist efforts to make animals present.
There are actually three ways by which animals become absent referents. One is litteraly : as I have just argued, through meat eating they are litterally absent because they are dead. Another is definitional : when we eat animals, we change the way we talk about them, for instance, we no longer talk about baby animals but about veal or lamb… The word meat has an absent referent, the dead animals. The third way is metaphorical. Animals become metaphors for describing peuple’s experiences.

 

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Cela s’est passé un 6 juin

Le 6 juin 1944. Que faisait Hitler pendant le débarquement allié sur les côtes de Normandie ?

Le 1er juin 1944, la BBC diffuse son premier message annonçant le débarquement en Normandie : « L’heure du combat viendra ». Le 4 juin à 23 h, le message « Les sanglots longs des violons de l’automne » donne aux résistants le signal du déclenchement des actions de sabotage des voies ferrées. Le 5 juin à 20 h, la seconde strophe de Verlaine, « Blessant mon cœur d’une langueur monotone » annonce que le feu vert est donné pour l’opération Overlord.

Enregistrement sonore

Le 6 juin à partir de minuit, 1 135 bombardiers pilonnent les positions côtières. A 1h30, des parachutistes sont largués. A 5h50, près de 6000 navires de l’armada alliée abordent les côtes normandes, entre Cabourg à lest et le Cotentin à l’ouest.

C’est le D-Day ! Mais Hitler est persuadé que le débarquement aura lieu entre Boulogne et l’estuaire de la Somme. Tout débarquement en Normandie ne peut être qu’une diversion. Le météorologiste ayant annoncé que le temps de permettrait en aucun cas un débarquement, Rommel est rentré en Allemagne pour l’anniversaire de sa femme.

Le message annonçant le débarquement est déchiffré le 5 juin par le quartier général de Von Rundstedt, commandant en chef sur le front ouest. L’information est transmise, mais personne n’en tient compte. Le Führer se repose dans sa résidence de Berghof, dans les Alpes. Il s’est couché le 6 juin à 3 h du matin et dort encore à 10 h. Personne n’ose le réveiller.

Cela s’est passé un 5 juin

Le 5 juin 1832. Suite aux obsèques du général Lamarque, Paris sombre dans l’insurrection.

Le roi de fRance Louis-Philippe 1er et sa famille restent à Paris pendant l’épidémie de choléra qui frappe alors la capitale. Le 1er avril 1832, Casimir-Périer, président du Conseil et Ministre de l’Intérieur, se rend à l’Hôtel-Dieu pour visiter les mourant.e.s. Trois jours plus tard, il tombe malade. Il meurt le 16 mai et reçoit des funérailles nationales.

L’opposition républicaine veut les mêmes honneurs pour un député de l’opposition libérale, le général d’Empire Lamarque, âgé de 62 ans, mort le 1er juin du choléra. Suite au refus du gouvernement, un cortège populaire est organisé le 5 juin. Les Républicains, qui ne se consolent pas d’avoir été volés de leur « Révolution des Trois Glorieuses » appellent leurs partisans à manifester à l’occasion des funérailles qui rassemble une foule immense. Des coups de feu sont tirés contre un détachement de dragons (des soldats de l’Infanterie montée hein, pas les créatures mythiques 😉 ), tuant six soldats.

Insurrection 5 juin 1832
Beval, L’insurrection de juin 1832, gravure sur bois (1870)

Menée par la Société républicaine des amis du peuple, persuadée que le gouvernement et la monarchie constitutionnelle tomberont comme en 1830, l’insurrection se déchaîne jusqu’au lendemain. Témoin des événements, Victor Hugo raconte, dans Les Misérables (1862), la mort de Gavroche sur les barricades :

Je suis tombé par terre,

C’est la faute à Voltaire,

Le nez dans le ruisseau,

C’est la faute à Rousseau.

Car Louis-Philippe est bien décidé à réagir. Il passe les troupes en revue et ordonne l’offensive finale dans les rues tortueuses de la capitale. L’armée et la garde nationale arrivent à contenir les insurgé.e.s entre les boulevards, la Seine et la Bastille. Le 6 juin, le dernier carré de résistant.e.s est écrasé dans la rue du Cloître-Saint-Merri, au coeur de la capitale. On compte 32 morts dans les rangs de l’armée, et une centaine parmi les insurgé.e.s. Les tribunaux promulguent de nombreuses condamnations dont 7 condamnations à mort, commuées en déportation par le roi. La monarchie de Juillet l’a emporté sur le terrain… mais la mort de Gavroche, dans l’imaginaire collectif, ne sera jamais oubliée.